Flûte de Pan
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Composition originale pour naï...

C’est Sla !

Par Ségolène Baelde

Notes préliminaires de Gilles...

Il y a deux ans, Ségolène, parlant de sa flûte de Pan, s’interrogeait sur : "La multitude de ses possibilités de jeu qui produisent des effets très variés..."
Plus loin, elle précisait : "En fin de compte, la flûte représente pour moi un vrai moyen d’expression. Je veux jouer pour dire ce que j’ai à dire et de la manière qui me plait."

Aujourd’hui, elle nous propose une composition où l’on entend des sonorités inhabituelles pour nos flûtes de Pan, notamment des sons différentiels auxquels viennent répondre des sons harmoniques... Et elle invente son propre langage musical...

SLA est une pièce structurée et réfléchie (pour s’en convaincre il suffira de se promener dans la mindmap) mais qui permet cependant au musicien de savourer le naturel du jeu improvisé, ce plaisir si particulier...

En somme, Ségolène a suivi quelques belles pistes !
Puisse-t-elle encourager quelques vocations !

Gilles

Cliquez ici pour faire mieux connaissance avec Ségolène.


NOTE 1 : Pour ouvrir la partition, la mindmap, etc, cliquez les vignettes. Pour revenir ensuite à cette page, cliquez la touche "retour" de votre navigateur.

NOTE 2 : Pour tous échanges, rejoignez le petit forum en bas de page (Répondre à cet article).

NOTE 3 : Pour une approche théorique sur le phénomène des différentiels, rejoignez ensuite la page Sinusoïdes du dossier "La nature des sons".

NOTE 4 : Il y a une piste audio sur cette page. Si vous ne la trouvez pas, ou si vous ne pouvez l’écouter, vous devriez télécharger le plug-in Quicktime, lecteur audio et vidéo gratuit et efficace...

Je vous présente cette petite composition sonore pour flûte de pan, sonore car c’est à partir du son lui même que j’en ai commencé l’écriture… 

Il s’agit d’abord de "jouer" (s’amuser) avec son instrument, d’en découvrir de nouvelles facettes et de nouvelles utilisations.

JPEG - 113.5 ko
Partition,
l’originale

C’est en effet sous une nouvelle forme "d’improvisation structurée" que vous allez être confronté à mon jeu. J’ai choisi de l’aborder de cette manière pour pouvoir garder de la spontanéité et cultiver mes idées dans un certain cadre donné par la structure, elle-même mise en évidence par les passages-clés.
C’est une approche que je trouve très intéressante car bien sûr les parties d’improvisation seront toujours guidées par une idée directrice mais elles pourront varier librement à chaque fois que je joue le morceau, donnant ainsi une nouvelle vie à Sla.

JPEG - 105.3 ko
Codage

Vous pourrez découvrir le "cadre structuré" de Sla sur la partition (accompagnée de son codage) qui fixe ainsi les passages-clé.
Cependant pour suivre le "déroulement auditif" avec plus de clarté il est plus facile de lire en même temps que l’écoute la partie STRUCTURE (nuage bleu en bas à gauche) de la mindmap (vous trouverez les repères A, B, C… sur la partition en face des portées correspondantes).

La carte mentale que j’ai jointe permet de comprendre toute la réflexion qu’il y a derrière Sla, et ainsi d’en saisir de nouvelles subtilités... Mind map {JPEG} (s’il y a des questions n’hésitez pas !)

Je vous invite à me faire part de vos réactions
et de vos diverses interprétations :’)

Sla


Structure (textualisé)

Je souhaite remercier toutes les personnes avec qui j’ai pu échanger d’une manière plus ou moins approfondie à propos de Sla car cette forme de partage m’a aidée à avancer permettant ainsi d’éclairer mon cheminement à la lumière des mots. Un grand merci à Gilles qui m’a suivi à fond dans cette idée et qui m’a aidé à rendre la mindmap plus abordable et compréhensible par tous.

Ségolène Baelde

31 Messages de forum

  • Bonsoir Ségolène 26 octobre 2011 00:27, par Benjamin

    J’arrive très tard, mais en fait ai écouté le morceau après avoir reçu le mail de Gilles, et ai eu du mal à l’apprécier sur le moment. Très (très !) bien joué, mais je ne le "comprenais" pas, il ne sonnait pas comme ce à quoi je m’attendais, j’étais perdu.

    Je le réécoute d’une autre oreille ce soir, et finalement l’apprécie de plus en plus. Ayant un peu de mal à décrire des sensations avec des mots, je m’associe à la phrase de Yuna qui convient parfaitement : "J’ai été surprise à la première écoute... Moins à la deuxième... Encore moins à la troisième... Plus on devient familier et moins on est surprise, mais on y gagne en plaisir !"

    Ce genre de musique est vraiment orthogonale aux mélodies que j’ai l’habitude d’écouter, et de (mal) jouer. C’est une histoire décrivant les émotions de l’artiste, un peu de ce qu’il est. Jouerait-on ce que l’on est pas ? (même en dehors de l’impro-structurée ;) ). Il suffit d’écouter, finalement... Et on a alors l’impression d’y être, nous aussi. Merci de nous faire partager ce voyage.

    Bonne continuation, cette année et après le bac aussi ! :’)

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    • Bonsoir Ségolène 2 novembre 2011 08:13, par Ségolène

      Bonjour Benjamin,

      Merci pour ce message, j’apprécie beaucoup ce retour de réactions, surtout face à ce genre de musique inhabituelle, (oui oui pour moi aussi, un peu moins une fois qu’on y a mis les pieds dedans mais quand même).

      C’est une bonne réflexion ce rapprochement entre l’être et "le joué"... Une belle qualité humaine est surement de pouvoir donner un peu de nous dans dans chacun de nos gestes.

      Ségolène

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  • C’est Sla ! 7 octobre 2011 20:48, par Cyrille

    Bonjour Ségolène,

    Je vais être plus bref que tous ceux qui ont déjà laissé un commentaire, car je pense que tout a été dit.

    J’ai été ravi de te réécouter avec une nouvelle improvisation, ce son que tu nous fais au milieu du morceau, impressionnant. Je sais que je me répète mais qu’est-ce que j’aimerai avoir ce don de pouvoir composer mes propres musiques.

    Encore bravo et au plaisir de te réécouter une nouvelle fois.

    Cyrille.

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    • C’est Sla ! 2 novembre 2011 07:54, par Ségolène

      Bonjour Cyrille,

      Et c’est avec grand plaisir que j’accueil tes compliments ! (désolée pour ce retard, je suis très prise en ce moment) Sache que ce n’est pas un don d’écrire et que cela demande de s’y mettre vraiment à fond, mais on en tire beaucoup et le plaisir est partagé :-)

      A bientôt, Ségolène

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  • C’est Sla ! Bravo et Merci Sego ! 3 octobre 2011 16:26, par Georges lambert

    " Au début était ...... le souffle ". Puis, le souffle s’est fait Vie et il a partagé la quête, l’espérance et la joie !

    .....A la fin, c’est le chant qui ouvre au Loin.....

    Voilà, Chère Ségoléne, ce que m’inspire le jeu de ta composition.

    Alors,merci de nous embarquer pour un Ailleurs onirique,insolite et combien attachant. A quand la suite ? Amitiés GL

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    • C’est Sla ! Bravo et Merci Sego ! 6 octobre 2011 20:13, par Ségolène

      Oh très joli voyage, cher Georges ! C’est poétique...

      Cela me rappelle un autre retour que j’ai eu : "Ca a quelque chose de mystique, un peu comme l’origine de la flute de pan elle même"

      Je suis ravie d’avoir pu partager c’la avec toi, amitiés, Ségolène

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  • C’est Sla ! 2 octobre 2011 00:24

    Bravo ! J’aime beaucoup votre morceau ! Vous avez beaucoup de chances de pouvoir vous exprimer comme ça ! Et j’apprécie aussi beaucoup de pouvoir découvrir tout ce qui se cache derrière : le travail, la recherche, la réflexion. Merci de nous dévoiler tout ça !

    Lison (une frustrée de la musique qui en a joué des années, qui n’en joue plus :-( et qui trouve "magique" de pouvoir s’exprimer comme vous le faites)

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    • C’est Sla ! 2 octobre 2011 08:36, par Ségolène

      Bonjour Lison, Oui en effet, c’est une grande chance que j’ai là... ! Et tant qu’à faire je n’avais pas envie de balancer juste un mp3 car je sais que Sla peut-être difficile à aborder et je trouve ça dommage pour un auditeur qui aurait voulu en savoir plus. D’autre part cela stimule et lance des discussions très enrichissantes pour moi, qui me permettent d’aller plus loin dans mon travail ! Merci beaucoup d’encourager ma démarche !! :-)

      Ségolène

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      • C’est Sla ! 2 octobre 2011 14:42, par Gilles Patrat

        Bonjour Lison,

        La frustration n’est pas une fatalité... Et c’est aussi un très bon moteur. Pour se remettre en chemin, il suffit parfois de faire un pas. Le premier pourrait être que nous en parlions et si vous le souhaitez je vous dirai comment bien des personnes ont retrouvé le plaisir d’une pratique musicale, qu’il n’y a pas qu’une façon de faire à cette fin, et que vous aussi pourriez découvrir ce chemin qui vous correspond. Si vous souhaitez en parler, cliquez le lien "Contact Gilles" en bas de page. Prenez soin de vous.

        Gilles

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        • C’est Sla ! 3 octobre 2011 03:11

          Merci Gilles, votre attention me touche. Mais c’est inutile. Je n’ai pas arrêté de jouer et je ne l’aurais jamais fait ! Le jeu s’est arrêté lors un accident de voiture.

          Lison

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          • C’est Sla ! 3 octobre 2011 22:45, par Gilles Patrat

            Bonsoir Lison,

            Je suis désolé. Excusez-moi.
            Et un très grand merci pour vos contributions très pertinentes.

            Gilles

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      • C’est Sla ! 3 octobre 2011 03:00

        Ségolène, Sla n’est pas difficile, mais c’est sa brièveté qui n’est pas favorable (Yuna a raison). Mais il y a des moments forts qui accrochent, justement quand apparaissent ces sonorités inhabituelles, par surprise d’abord (Yuna a encore raison). Puis quand on ré-écoute on peut alors les ressentir pour ce qu’ils veulent dire et ce n’est plus du tout la même histoire qu’on entend (Yuna a .....). Sla n’est pas difficile si on "s’ouvre" mais il faut un peu de temps pour ça.

        Sla est difficile, et le sera toujours, pour ceux qui ne s’ouvrent pas, ou qui ne prennent pas le temps, ou qui n’écoutent qu’avec les oreilles. PLus loin dans la discussion, il est question "d’état de nature" (la formule me plait vraiment...) or Sla a besoin que l’auditeur aussi soit dans cet "état de nature" pour que ça résonne en lui. Évidemment ça limite considérablement l’auditoire que Sla peut toucher. Il y a des artistes qui parlent du "talent" du public, et ce n’est pas une vue de l’esprit. Ce talent porte les artistes et c’est fantastique mais le public n’a de talent que s’il est en harmonie avec ce qu’on lui propose.

        Sla est très difficile ! Et sera toujours très difficile pour le plus grand nombre, qui n’écoute ni avec les oreilles, ni avec le cœur, mais avec ses conventions et qui de cette source attend de savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Et c’est pour ça que l’état de nature est amoral.

        Qu’en penses-tu ? Et qu’en pense Gilles ?

        Ne vous arrêtez pas sur votre chemin. Je l’imagine plein de grâces, parce que je sens votre sincérité.

        Lison

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        • C’est Sla ! 3 octobre 2011 23:41, par Gilles Patrat

          Ce que j’en pense... correspond étroitement à votre vision de ces questions.

          La question de la brièveté de Sla n’a pas été éludée... Nous l’avons discutée avec Ségolène pour finalement convenir que la contrainte (l’épreuve du bac) était là, réelle et incontournable. Cette contrainte a fortement déterminé la création-même de Sla, mais j’ai apprécié de voir Ségolène s’y adapter tout en gardant la maîtrise de son projet.
          Je remarque aussi, comme Yuna je crois, que cette brièveté s’est fixée finalement, alors que rien ne l’imposait, et qu’elle "fait partie" maintenant de Sla... Parmi les libertés que Ségolène prend et assume il y a bien sûr celle de décider que Sla est une pièce courte.
          Et puis l’idée que maintenant Sla se fixe relativement ne me déplait pas puisque d’une part la pièce offre toujours plus d’une plage de liberté, et de l’autre, le jeu est bien, une fois les contraintes comprises et acceptées, de s’y plier sans changer les règles à tout bout de champ...

          Sur le public... Je suis toujours partant pour en rencontrer de nouveaux... Et j’essaie de ne pas le pré-juger. Et si je suis moi aussi très déterminé face au poids moral des conventions, j’essaie cependant de ne pas oublier que chacun a toujours la liberté de se mettre en chemin s’il le veut et quand il le veut, et que c’est l’usage de cette liberté individuelle et vraie qui peut seul finalement mettre à mal sérieusement le jeu des conventions...

          Tout ceci dit, Lison, j’ai beaucoup de plaisir à vous lire et trouve vos propos très perspicaces.

          Gilles

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        • C’est Sla ! 6 octobre 2011 19:59, par Ségolène

          Bonsoir Lison,

          Votre réflexion sur le public est très intéressante, et, pour aller un peu plus loin, j’ajouterai que l’on ne peut jamais savoir où et quand on va rencontrer cette ouverture ! Il est important je pense aussi en tant que musicien de proposer ça musique ouvertement et de ne pas avoir une "attente" de la part des personnes qui sont en face de nous ou au contraire d’avoir des préjugés qui nous rendraient moins généreux... La question que je soulève c’est est-ce que l’état d’esprit du musicien ne peut pas aussi influencer la réceptivité de ces auditeurs ? Pour moi les deux ne sont pas tout à fait indépendants, et je pense que c’est important de pouvoir donner le meilleur dans n’importe quelle situation, comme je disais on ne sait pas où et quand ... C’est la surprise :-)

          Ségolène

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          • C’est Sla ! 7 octobre 2011 15:03

            Mais bien sûr ! Il faut jouer avec générosité et sincérité (état d’esprit... mais cela va peut-être plus loin que ça ?) et la part la plus ouverte du public sera au moins sensible à cela et d’autant plus réceptive. Un message bien envoyé sera toujours mieux reçu !

            En relisant mon message précédent, je réalise qu’il en émane une bonne dose de fatalisme et même un peu de pessimisme, à vrai dire la part la plus sombre chez moi. Pourtant je voulais être positive puisque je souhaitais exprimer (ce qu’on ne retrouve pas du tout dans mon message...) qu’il ne faut pas se troubler de n’être pas comprise par le plus grand nombre en tout cas quand on ne ressasse pas un poncif. Même la plus forte des convictions ne pèse pas lourd face aux conventions. Je ne dénie pas à l’expérience esthétique de pouvoir transformer la façon dont on pense et vit mais cela doit être très rare. Je crois plus que c’est la vie elle-même qui nous fait jeter les barrières à terre, par l’épreuve, par des "prises de conscience", par des expériences particulières, par des rencontres importantes. Mais là aussi il faut être assez prête à cela. On comprend souvent trop tard le "message", quand on ne passe pas carrément à côté... Alors il faut se préparer et se libérer sans attendre de ses propres conventions, règles intangibles et morale simpliste.

            Lison

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  • Surprise... 30 septembre 2011 21:36, par Yuna

    J’ai été surprise à la première écoute... Moins à la deuxième... Encore moins à la troisième... Plus on devient familier et moins on est surprise, mais on y gagne en plaisir !

    Après plusieurs écoutes j’étais mieux "préparée" pour profiter de la musique, pour la comprendre. Ce constat me pousse à tenter un petit commentaire (puisque Ségolène nous y invite) : le morceau m’a paru trop court. J’aurais aimé un "bain en eaux profondes" et avoir un peu plus de temps pour m’immerger Mais vue la forme "élastique" du morceau, c’est possible dès la prochaine fois ;-)

    Et le positif... Bravo pour oser ces nouvelles sonorités, et surtout pour les avoir si légèrement intégrées dans la mélodie. Merci pour ce partage !

    Yuna (qui a de plus en plus envie de jouer de la flûte de Pan...)

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    • Surprise... 30 septembre 2011 23:55, par Ségolène

      Bonsoir Yuna, je suis ravie d’avoir partagé cette "nouvelle écoute" de la flûte et c’est vrai que j’avais un peu peur de la manière dont Sla pouvait être appréhendé.

      Je suis d’accord avec toi sur le fait que c’est peut-être un peu court mais cela s’explique car j’ai aussi écrit ce morceau pour le présenter à l’oral de l’option musique du bac, épreuve en temps limité. Donc ce que je voulais c’était présenter mon instrument et exposer assez brièvement et de manière originale les nombreuses possibilités qu’il recèle ;)

      C’est l’occasion pour moi de faire un peu le point sur ce que je maîtrise, histoire de pouvoir approfondir certaines pistes, puis d’en découvrir d’autres !!

      Merci à toi d’avoir osé les commentaires ! :’) Ségolène (qui t’encourage à te lancer dans la flûte)

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      • Surprise... 1er octobre 2011 14:12

        Bonjour Ségolène,

        Précision importante ! La contrainte explique le côté "condensé" de Sla...

        Alors, pour moi ça marche puisque tu m’as fais découvrir une toute autre flûte de Pan en quelques minutes... Mais j’en conclue aussi que malgré le caractère improvisé du morceau, il s’inscrit dans une dimension indépassable ! En effet, Sla est resté "condensé" alors que nous ne sommes pas à l’épreuve du bac. C’est donc bien que son développement fait aussi partie de sa conception... alors, la démarche est en fait beaucoup plus "balisé" qu’on ne pourrait le croire d’abord... Non ? Yuna

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        • Surprise... 1er octobre 2011 21:50, par Ségolène

          Oui en effet, c’est vrai que la répétition et le fait que je l’ai beaucoup travaillé dans ce sens a bien balisé et ancré des repères temporels dans ma tête... L’enregistrement audio de cette page a été fait un peu plus d’un mois après mon épreuve et c’est vrai que j’ai pas cherché à développer tout ça plus longuement, et lors du montage je me suis rendue compte que j’avais quand même une idée très précise de ce que je voulais et ne voulais pas dans Sla... et je l’aime bien tel qu’il est, je ne l’imagine pas plus long.

          En revanche j’arrive mieux à envisager une impro "à partir de" Sla pour créer ce fameux bain...

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  • Merci pour Sla ! 29 septembre 2011 00:32

    L’écouter est une expérience originale, inhabituelle et humainement curieuse dans ses conséquences : je réalise que tout ce que je voudrais dire à son sujet n’est pas facile à exprimer. Je suis charmé - ça c’est facile à dire - mais aussi un peu dérouté et ne sais comment le dire... Sla est le dilemme, le doute... Et voila que je doute moi-même maintenant. Sla alors ! Julien

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    • Merci pour Sla ! 29 septembre 2011 18:40, par Ségolène

      Ca fait plaisir de voir comme tu vis vraiment Sla rien qu’à l’écoute... Alors oui Sla est un dilemme, c’est une expérience de liberté, une confrontation à un choix... est-ce que c’est une manière d’être libre de choisir de ne pas choisir ? est-ce que c’est une manière de s’affirmer ? ou cela revient-il à fuir ? mais dans Sla je ne fuis pas, j’expérimente ! C’est surement le seul point où aucun doute n’est possible ;-)

      Peut-être que tu trouvera les mots, peut-être pas mais dans tous les cas merci pour ton message :-) Ségolène

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      • Merci pour Sla ! 29 septembre 2011 22:03

        Oui oui oui ! Je trouve ! Un train peut en cacher un autre ! Derrière la recherche sonore et la construction se trouve un autre plan... L’enjeu n’est pas seulement musical et la musique est plutôt le moyen de la mise en jeu. C’est un vieil usage de la musique (et sans doute l’essence par nature de l’art à sa naissance). Ce que tu dis dans ton message me le confirme ! C’est une approche qui surprend sous une plume et des lèvres aussi jeunes et qui remise le critère esthétique à une place de second rang. Et c’est troublant de perdre son étalon... "Choisir de ne pas choisir" rappelle un peu le "non-agir" oriental... Sujet de méditation pour certains bouddhistes, et sans doute pratique pour quelques-uns... Julien

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        • Merci pour Sla ! 30 septembre 2011 23:24, par Ségolène

          Ah oui en effet, ce fameux non-agir (même si je ne suis pas très experte dans ce domaine) a alimenté ma première dissert’ de philo l’année dernière... J’y avais pas pensé en réalité pour Sla mais oui pourquoi pas ! Bref... en écrivant je n’avais pas l’intention d’aller aussi loin, c’est venu au fur et à mesure, "sans agir" on pourrait dire, enfin, sans "rechercher" plutôt. J’ai appris énormément en fait lors , c’est une expérience très enrichissante.

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          • Merci pour Sla ! 1er octobre 2011 11:51, par Gilles Patrat

            Le non-agir, expression obscure s’il en est et souvent mal comprise, nous vient du Tao (ou Dao), "philosophie" orientale largement inspirée par l’observation de la nature et tendant à nous replacer, nous autres, humains, dans cet état de nature... Il faut se garder d’interpréter le non-agir comme l’absence d’action. Il faut plutôt comprendre cela comme l’action qui se décide d’elle-même sans que ce soit la volonté qui impose l’action.

            Le non-agir se retrouve pleinement dans certaines pratiques musicales, et tout particulièrement dans l’improvisation ! L’improvisateur véritable recherche un état d’"ouverture", de liberté, qui n’est rien d’autre que le non-agir. Et si en amont il y a bien sûr un travail patient et méthodique, le moment venu toute l’approche "intellectuelle" et volontaire s’efface pour libérer le geste et permettre une expression directe du plus profond de l’âme vers l’extérieur. Il ne commande plus le geste, mais le geste se fait. C’est le non-agir...

            En repartant de Sla, que l’on pourrait aussi nommer une "improvisation structurée", on voit qu’il y a des passages-clé, comme les articulations des parties, qui sont "obligés". Toute la question, si l’on continue cette réflexion sur le non-agir, est alors l’intégration de ces passages qui eux ne relèvent pas à priori du non-agir, mais plus d’une volonté et de l’intellect. Une intégration harmonieuse, autrement dit une interaction fluide, sans qu’on décèle le changement de "mode" du musicien, signe à mon avis la qualité de la préparation et de la structure. C’est aussi là que l’on peut juger, peut-être, de la justesse du propos dans son ensemble, car il faut que le propos soit juste pour que ça fonctionne...

            Bref, on comprend qu’une pratique relevant du non-agir peut découler d’une activité réelle, soutenue, voire volontaire, mais qui intègre d’emblée une dimension naturelle qui libère le geste. Cependant, l’Homme s’éloigne de l’état de nature et cette dimension est à reconquérir par une pratique régulière (quotidienne !) de l’"ouverture" qu’il faut bien sûr coupler avec un travail technique et intellectuel, aussi quotidien... Ce n’est pas si facile, et c’est justement ce qui fait que tant de personnes ne trouve jamais le chemin pour improviser et qu’ils trouvent cela si difficile, voire "miraculeux" (à l’aune de leurs difficultés parfois insurmontables...)...

            Parce qu’une telle pratique relève d’abord de questions fondamentales proprement humaines et non-musicales (la technique n’est que le moyen), elle souffre, car cet état de nature est fragile par essence, silencieusement de mille pollutions intellectuelles et de pratiques apparemment anodines, et ô combien sournoises. Sur cette voie (sans but !), on est souvent à nager à contre-courant, alors qu’il est si agréable et confortable de se laisser porter par le flux dominant... Voilà ce qui rend une telle approche si difficilement transmissible, c’est pour cela que d’aucun y voient presque de la magie, parce qu’ils ne voient pas les bonnes clés et qu’ils ne peuvent dès lors se l’expliquer.

            Le non-agir concerne aussi certaines interprétations ! Quand l’interprète "se dépasse" et nous bouleverse, il est très vraisemblable qu’il est dans le non-agir.

            Le non-agir, in fine, est LE moyen qui permet la transcendance !

            Gilles

            Répondre à ce message

            • Merci pour Sla et pour ça ! 1er octobre 2011 13:46

              Ce post est un vrai cadeau ! Mais pourriez-vous développer un peu sur "l’état de nature" ? Et vous hasardez-vous à transmettre cet intransmissible ? Yuna

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              • Merci pour Sla et pour ça ! 1er octobre 2011 23:31, par Gilles Patrat

                Hum... La norme, par définition, ne tolère aucun dépassement... Or c’est justement ce chemin qui permet le dépassement que l’on emprunte par l’état de nature... L’état de nature est hors norme, hors convention, amoral, sans jugement et ne se connait qu’au présent, ici et maintenant... Si ça peut éclairer...

                Et pour ce qui est de transmettre cet intransmissible. Oui, j’essaie toujours, mais je reçois beaucoup de ruades en retour... Parce que la norme, les conventions, etc, se défendent avec force et s’auto-justifient avec un remarquable aplomb. Très franchement, si mon rôle devait se cantonner à transmettre la seule technicité instrumentale, j’arrêterai aussitôt !

                Gilles

                Répondre à ce message

                • Merci pour Sla et pour ça ! 3 octobre 2011 00:19

                  J’ajouterai aussi que la normalisation s’accélère et prend une dimension nouvelle avec la mondialisation et la macdonalisation qui touche maintenant tous les continents ! L’internet dont on a rêvé qu’il soit un outil d’émancipation a failli. Il est en train de devenir le plus bel outil de conditionnement jamais rêvé.

                  Alors je vois dans votre démarche de quoi nourrir l’espoir ! Un très grand merci à vous, Gilles et Ségolène, de partager ici tout autre chose que de sempiternelles banalités, mondanités, insanités. Continuez à créer des musiques, des langages, des occasions d’échanges, des objets à réfléchir... La créativité est un enjeu majeur, vital peut-être même aujourd’hui ! Esquivez les ruades et continuez !

                  Jeanjean

                  Répondre à ce message

                  • Merci pour Sla et pour ça ! 4 octobre 2011 00:02, par Gilles Patrat

                    Merci Jeanjean pour vos bonnes appréciations !

                    Le jeu étant clairement ici de commenter, critiquer, complimenter ou honnir, une création musicale... De discuter des conditions, contraintes, choix qui président au geste créatif... Etc... Je ne rebondirai pas sur vos propos car vous frisez déjà le hors-sujet... Et je ne manquerai pas, sur cet élan et étant assez d’accord avec vous, de me mettre carrément hors-jeu...

                    Gilles

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                  • Merci pour Sla et pour ça ! 6 octobre 2011 20:19, par Ségolène

                    Vous êtes très encourajean-Jeanjean ! Merci beaucoup !! Ségolène

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                    • Merci pour Sla et pour ça ! 6 octobre 2011 22:10

                      A mon tour de vous remercier ! Je vois tant de choses qui me révoltent, que c’est un très grand plaisir quand au contraire ça me plait. ça me réchauffe du côté du cœur !

                      Un transi Jeanjean...

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                • Merci pour Sla et pour ça ! 11 octobre 2011 15:53

                  Merci Gilles pour ces précisions. Je ferai plus attention désormais à l’animal qui veille en moi ! Au plaisir de vous lire, et de vous écouter, Gilles et Ségolène. Yuna

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