Flûte de Pan
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Achat d’une flûte de Pan roumaine

Tessiture et tonalité

Alto... Ténor ?
En do... en sol ?

Tessitures et tonalités traditionnelles
Un peu d’histoire

La tessiture est la hauteur de l’échelle sonore de l’instrument. Par exemple un instrument qui joue du do3 au do5 a une tessiture de deux octaves.

Au tournant du XIXe au XXe siècle on ne trouve en Roumanie que des naïs qui jouent dans les aigus, environ une octave plus haut que les naïs ténors d’aujourd’hui [1]. Ces naïs débutaient sur la3, si3 ou do#4 [2]. On peut bien sûr se demander pourquoi s’en est-on tenu aux aigus alors que les flûtes de Pan sonnent très bien dans les graves... L’adaptation au répertoire pré-existant pourrait justifier cela, mais c’est à mon avis plutôt le fait que ces naïs étaient fabriqués en roseau qui peut le mieux l’expliquer. Seul matériau local et directement accessible, le roseau ne permet pas de fabriquer de tuyaux assez grands pour les notes graves, contrairement au bambou qui lui ne sera importé que plus tard... Ces flûtes étaient accordées soit en sol majeur [3], soit en ré majeur [4].

Évolutions des tessitures et des tonalités

Plus tard, la tonalité de sol majeur se généralise, tandis que la tessiture s’agrandit, gagne vers les graves et se fixe alors sur le sol comme note la plus grave, et vers les aigus jusqu’au sol trois octaves au-dessus de la note la plus grave de la flûte. Selon la convention française pour la numérotation des octaves, ce sol grave est le sol3, et le sol aigu est donc le sol6. Tessiture du naï C’est ce modèle de flûte qui fut reproduit pendant des dizaines d’années, et c’est encore la tessiture préférée par les naïstes roumains.

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Naï alto (facture Preda)

Ces flûtes sont adaptées parfaitement au répertoire virtuose roumain mais posent un problème pour de nombreux autres répertoires que l’on pourrait jouer puisqu’il faut alors transposer à l’octave supérieure [5] tous les morceaux qui comportent des notes inférieures à ce sol3.

Les naïs Gibonus altos, Concert ou Soliste, débutent sur le sol3 et sont accordés en sol majeur.

Puis, dans les années 80, le facteur roumain Ion Preda a commencé à proposer des flûtes qui commençaient sur le ré3, toujours accordées en sol majeur. Le choix du ré comme note la plus basse était cohérent avec la tonalité de sol majeur [6]... mais ne solutionne que partiellement le problème déjà exposé. La plus grande part des morceaux en do majeur, nombreux en musique classique, variété, etc, doivent toujours être transposé à l’octave supérieure.

Enfin, le musicien Michel Tirabosco, de formation classique, a commencé à se faire fabriquer des flûtes en do majeur débutant sur le do3 lui permettant donc de jouer tout le répertoire sans devoir jamais transposer les pièces.

Ces flûtes sont bien plus cohérentes que toutes celles qui avaient précédé si l’on veut jouer un répertoire varié, classique, jazz, variété, traditionnel, etc. C’est la bonne tessiture pour tous les musiciens qui ne s’en tiennent pas uniquement au style roumain puisqu’on peut jouer les pièces telles qu’elles furent écrites.

Les naïs Gibonus ténors, Concert ou Soliste, débutent sur le do3 et sont accordés en do majeur.

Ténor... Alto... Soprano... ?

Pour les instruments de l’orchestre "classique", les appellations "Basse", "Ténor", "Alto", Soprano... précisent bien la tessiture de l’instrument mais ce n’est pas vrai pour le naï...

En fait, ce sont les facteurs d’instruments [7] qui ont commencé à vouloir mieux caractériser leurs productions quand celles-ci se sont diversifiées et que la tessiture des instruments s’est éloignée de celle héritée de la tradition. Mais tous les facteurs n’utilisent pas les mêmes appellations et s’ensuit une certaine confusion, et on peut voir chez un facteur un naï alto qui sera un soprano chez un autre facteur...

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Naï ténor (facture Gibonus)

L’usage tend cependant à se normaliser et l’on voit maintenant nommées ténors les flûtes qui débutent sur le do3 ou sur le ré3 ; les altos sont les flûtes qui débutent sur le sol 3, ceci indépendamment dans les deux cas de leurs tessitures - le nombre de tuyaux est donc variable selon les facteurs - et de la tonalité qui sera le plus souvent en do pour les ténors et en sol pour les altos.

Difficultés spécifiques des flûtes altos

Outre ce qui a déjà été précisé, il faut insister sur le fait que les flûtes altos ne sont pas particulièrement adaptées au travail des débutants. Il est difficile d’émettre bien justes les sons très aigus de ces flûtes... Les ténors, en montant moins dans les aigus, sont d’emblée d’une approche beaucoup plus facile.

Par contre, les altos d’Étude accordés en do majeur (FPE-18C), avec leur nombre limité de tuyaux [8] sont très accessibles à tous les débutants, et sont recommandés pour les enfants du fait de leur petite taille.

Baryton... Basse... Contrebasse... etc...

Ici, les appellations redeviennent tout-à-fait confuses, chaque facteur ayant son propre usage pour nommer ces flûtes. Il est important donc de vérifier tout simplement la tessiture réelle de l’instrument.

Cependant, en bonne logique, nous nommons ici baryton les flûtes qui débutent sur le sol en-dessous du do de la ténor, soit le sol2 de la convention française.

Une flûte baryton intéressera les naïstes qui ont déjà une bonne pratique, mais ne devrait jamais être choisie comme premier instrument par un musicien débutant...

À noter aussi qu’il est particulièrement difficile, pour ne pas dire impossible, de passer des altérations justes sur toute la première octave de ces instruments... Ce constat a conduit les facteurs à modifier les embouchures sur ces flûtes pour faciliter l’émission de beaux graves, cela au détriment de la possibilité d’altérer.

Soprano

Des altos (débutant sur le sol3) sont parfois nommés ainsi... Ce terme conviendrait cependant à des flûtes dont la note la plus basse serait le do4, mais on ne fait plus guère de naïs si aigus... Cette appellation devrait disparaître...

Tableau des conventions d’octave
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Convention d’octaves

Cliquez la vignette ci-contre pour l’agrandir...



Notes

[1] Pour plus de détails, voir l’article Histoire de la flûte de Pan en Roumanie.

[2] Do4 succède à si3 dans la série.

[3] Sol ; la ; si ; do ; ré ; mi ; fa# ; (sol)

[4] Ré ; mi ; fa# ; sol ; la ; si ; do# ; (ré)

[5] Jouer une octave plus haut...

[6] Le ré est la quinte, note la plus importante après la tonique (sol), dans la tonalité de sol majeur.

[7] On ne dit luthier que pour les instruments à cordes, et facteurs pour tous les autres instruments.

[8] Qui ne montent donc pas trop dans les aigus...

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